Les défis de la filière banane en Équateur
Depuis la « fièvre de la banane » des années 1960, porté par des politiques publiques ambitieuses, l’Équateur a fortement développé ses surfaces de culture. La production repose aujourd’hui en grande partie sur la variété Cavendish. Si elle facilite la production, cette homogénéité variétale constitue aussi une véritable faiblesse : elle rend les plantations particulièrement vulnérables aux ravageurs et aux maladies, comme la cercosporiose noire, capable de décimer rapidement des exploitations entières.
Pour contenir ces menaces, les producteurs ont massivement recours à des traitements phytosanitaires, souvent appliqués par épandage aérien. Cette méthode entraîne une dispersion incontrôlée des substances chimiques au-delà des zones ciblées. Les pesticides se diffusent dans l’air, s’infiltrent dans les sols et contaminent les eaux, affectant durablement les écosystèmes locaux. Sur le plan sanitaire, les populations vivant à proximité des plantations sont involontairement exposées à ces substances, sans protection adéquate.
Mieux comprendre pour mieux agir : le diagnostic filière au cœur de la démarche
Conscients des enjeux environnementaux et sociaux liés à certaines productions agricoles, Les vergers Boiron ont mis en place un diagnostic filière approfondi pour l’ensemble de leurs approvisionnements en fruits. L’objectif est clair : identifier, évaluer et hiérarchiser les risques propres à chaque filière, en tenant compte de leur origine géographique. Développé en collaboration avec le cabinet de conseils BuyYourWay, cet outil constitue aujourd’hui un levier clé pour piloter les filières fruits de manière plus durable, en passant d’une logique de constat à une dynamique d’amélioration concrète et mesurable.
Dans le cas de la filière banane, les risques identifiés à travers le diagnostic ont conduit Les vergers Boiron à engager une transformation de leurs approvisionnements en passant progressivement d’un sourcing de bananes conventionnelles à un sourcing de bananes certifiées Biologiques et Fairtrade. Ensemble, ces démarches apportent des garanties solides à chaque maillon de la chaîne : pour Les vergers Boiron en tant que transformateur, mais aussi pour leurs clients (distributeurs) et les consommateurs finaux (Chefs) ainsi que leurs convives (consommateurs), de plus en plus attentifs à l’origine et aux conditions de production des ingrédients.
Pour concrétiser cette transition, Les vergers Boiron s’appuient sur leur partenaire historique basé dans la région d’El Oro, à proximité de Machala : une entreprise familiale qui collecte des bananes, conventionnelles et biologiques auprès de plus de 180 plantations. Aux côtés de ces équipes, Les vergers Boiron ont pu découvrir une plantation de bananes de 172 hectares, employant 171 personnes. Cette immersion illustre concrètement toute la complexité — mais aussi le potentiel — des choix de sourcing durables.
La certification Fairtrade : un levier de développement social sur le terrain
Anabel Portilla, Christian Vaskez , Aviles et Eva Mendoza
La certification Fairtrade International, label du Commerce équitable, vise à garantir aux producteurs des revenus plus stables et des conditions de travail dignes, tout en encourageant des pratiques agricoles plus durables. Au cœur de ce dispositif, une commission dédiée appelée « comité de la prime » réunit des représentants des sociétés productrices et des travailleurs. Ensemble, ils décident de l’utilisation de la prime à travers des projets concrets, pensés pour améliorer durablement les conditions de vie des communautés. Ces initiatives couvrent un large éventail de besoins essentiels :
- Education : attribution de bourses scolaires
- Accès au financement : mise en place de dispositifs de microcrédit
- Soutien financer direct : 20% de la prime redistribués aux travailleurs
- Aide sociale : accompagnement en cas de maladie ou d’accident
- Amélioration des conditions de vie : équipement des logements et programmes de construction
- Santé : financement de structures de proximité, comme une pharmacie
- Gouvernance : formation des membres du comité, audits externes et suivi administratif
« Sur le terrain, la qualité des échanges et l’ambiance générale m’ont laissé une forte impression. On sent que les équipes travaillent dans de bonnes conditions, avec du respect et de l’écoute. Cela se voit aussi dans leur attitude : les personnes sont investies et à l’aise dans leur travail. Il y a une vraie dynamique collective. »
Pierre Costet, Acheteur Agronome
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